The Trifid Nebula in Stars and Dust
Credit & Copyright: Adam Block, Mt. Lemmon SkyCenter,
U. Arizona
Chaque aspect de l’existence formelle doit être nourri pour perdurer. Rien de tout ce qui se manifeste dans le temps n’est suspendu dans le vide. Tout ce qui est formel ne pourrait exister sans une communication avec l’informe. Tout ce qui est manifesté, en image ou en réalité, doit recevoir « l’énergie » ou la volonté nécessaire à sa manifestation ou bien disparaître. Ce qui est manifeste dans la forme n’est pas la source de lui-même sinon il s’effondrait avant même d’apparaître. Si tout ce qui est manifeste doit être issu d’une source pour se manifester, il doit aussi s’y nourrir pour perdurer. Si chaque élément manifeste est issu d’une source et doit être nourri par une source pour exister, la question est donc de savoir si ces deux sources peuvent être différentes. Est-ce qu’un élément réel peut avoir une source génitrice différente de sa source nourricière ? Dans le même ordre d’idée, on peut se demander si deux éléments faisant partie d’un même plan de réalité peuvent être issus de deux sources différentes ou se nourrir à deux sources différentes ?
Pour deux éléments issus de deux sources différentes, l’univers de l’un doit être à jamais incompréhensible à l’autre. Ceux qui ne sont pas de la même espèce sont des étrangers. Il leur est impossible de partager le même point de vue ou d’aller ensemble dans la même direction à moins de reconnaître que leur source est identique. Deux éléments issus de deux sources différents ne peuvent qu’entrer en collision, diverger pour toujours ou aller selon des parallèles qui ne se rencontreront jamais. Leurs deux univers sont inconciliables à cause de la séparation qui fût introduite à leur commencement. Quoi qu’ils fassent cette séparation les séparera toujours.
Plus il y a de sources différentes dans l’univers, plus il y a de divergences, de conflits et de chaos. Toutes les associations tentées pour éviter les confrontations sont vouées à l’échec à cause de la différence dans les impulsions initiales. Aucun lien ne peut retenir ensemble ceux qui sont issus de sources différentes. La seule alternative est la séparation des effets et donc la formation d’espace pour que chaque source différente puisse exprimer sa force ou sa volonté. La version paroxysmique du chaos est le concept d’un univers dans le quel chaque élément serait sa propre source. Si c’était le cas, l’univers n’existerait pas et n’existerait jamais puisque personne ne pourrait en partager le témoignage avec un autre. Pour que l’univers existe il est nécessaire que deux au moins témoigne de son existence. Il est nécessaire que deux au moins soit issus d’une même source et que leur union ne puisse jamais être brisée.
Si ce n’était pas le cas, l’univers ne serait qu’une virtualité qui tenterait éternellement de se manifester sans jamais y parvenir puisque chaque association ne serait qu’un instant fugace entre deux néants. Sa virtualité serait morcelée en une infinité de fragments qui ne durerait qu’un instant avant de disparaître pour l’éternité. Et pendant le temps infime de leur manifestation, il leur serait impossible de se comprendre mutuellement et donc de comprendre ce qu’ils sont, à quoi ils servent et où ils sont.
Le modèle du chaos universel existe en tant que virtualité mais pas en tant que réalité. Le concept du chaos absolu se nie à lui-même sa propre réalité. Il ne peut pas se manifester réellement par définition. Ceci signifie que ce qui fait partie de la réalité manifeste ne peut pas être sa propre source. Ce qui est réel doit avoir une source commune pour être réel. En fait et en toute logique, il doit étendre et nourrir sa propre source en se manifestant. Et sa source doit s’étendre et le nourrir à le créant. Ce principe est le seul principe qui ait une logique réelle. Une source qui s’épuiserait en se manifestant ou une manifestation qui viderait sa source pour exister suivent implicitement le principe du chaos. Elles n’ont pas de logique dans une réalité immanente mais uniquement dans un instant de temps virtuel où les choses peuvent sembler apparaître ou disparaître d’elles-mêmes.
Or, l’idée qu’une source réelle se nourrisse et s’étende à créant est complètement étrangère à tout ce qui semble exister dans le temps et l’espace formel. Cette idée affirme que pour garder quelque chose il faille la donner. Elle parle d’une communication sans limite et sans séparation ou tout ce qui est créé est uni à sa source. Elle parle d’un univers où toute idée de perte est insignifiante et dans lequel toute communication est une amplification globale. Elle parle d’un monde où le rendement de tout échange est supérieur à un. Elle évoque des échanges ou des opérations qui augmentent naturellement les biens du donneur et du receveur. Cet univers n’est pas celui qui est perçu dans la forme. Si cette idée parait délirante dans un univers évoluant dans l’espace et le temps, elle est pourtant la seule qui soit cohérente avec elle-même.
Tout univers qui évolue dans l’espace et le temps est une singularité incohérente parce que tous les échanges qu’il génère ont un rendement inférieur ou égal à un. Un univers où toutes les transformations et les communications induisent toujours une perte globale est un univers insensé. Ceci signifie que tout ce qui s’y passe tend à appauvrir l’univers lui-même. Un univers singulier qui tend inexorablement vers sa propre disparition est insignifiant. Il est donc virtuel vis-à-vis de l’immanent et ne peut être qu’une erreur de perception et d’interprétation de celui qui en témoigne. Si tout ce qu’il manifeste disparaîtra et sera oublié à jamais, cet univers n’a jamais existé en réalité.
Ce comportement étrange est la conséquence du concept de singularité. Une singularité est quelque chose qui semble être sa propre source. Percevoir une singularité c’est percevoir l’œuvre du chaos. C’est donc percevoir une virtualité qui ne durera qu’un bref instant avant de disparaître.
Certes une singularité peut se nourrir d’autres singularités pour perdurer plus longtemps mais ce mode d’échanges n’a aucune influence sur le résultat final qui est la certitude de son anéantissement. Globalement le bilan de ceux qui se nourrissent en appauvrissant leur source ou les autres est négatif. Toutes les communications produites par un organisme qui est sa propre source ou qui se nourrit à épuisant d’autres sources l’entraînent inexorablement à vider son univers et donc à fondre vers le néant.
Les singularités qui sont leur propre source ou qui se nourrissent d’autres sources sont pour subsister sont doublement condamnées. Non seulement leur anéantissement est certain mais en plus elles ne comprendront jamais la cause de leur naissance et de leur disparition.
Il n’existe qu’une seule condition pour que deux éléments puissent se comprendre vraiment. Ils doivent avoir une même source et c’est ainsi qu’ils auront un même but. A moins d’être issus d’une même source, deux éléments sont à jamais exclus l’un de l’autre.
Tout élément qui pense être sa propre source ne pourra donc jamais comprendre quoi que ce soit. Il est condamné à se battre pour durer le plus longtemps possible avant de disparaître sans avoir jamais pu comprendre ce qu’il était et ce qu’il faisait là.
La réalité n’est pas une source qui s’épuise elle-même en se manifestant. Bien que cru et même vénéré, ce concept est inepte. Tout perception qui témoigne de cela doit être le fruit d’une erreur de conception de l’outil qui sert à voir et qui se répercute dans sa compréhension de l’univers et de soi.
Une source réelle doit se nourrir elle-même en nourrissant ses créations. Et ses manifestations doivent nourrir leur source en se nourrissant de leur extension. Seuls ces deux modes communications sont logiques parce que parfaitement symétriques.
Un élément qui vide sa source nourricière est une singularité virtuelle. Une communication qui prend à l’un pour donner à l’autre est un concept insignifiant et immature. L’incohérence n’a pas de place dans la réalité mais uniquement dans la conception d’un chaos virtuel et imaginaire.
Dans cette optique, chaque élément réellement manifesté ou créé est assimilable à un rai qui témoignage du pouvoir réel de sa source, sans jamais la quitter afin que lui-même devienne une source nourricière à l’extension de sa source. Evidemment ce mode de communication ou de création est incompréhensible et inconcevable dans l’espace et le temps. Une source qui s’étend en créant sa volonté et en communiquant tout son pouvoir créateurs à ses effets n’est pas temporelle et ne se manifeste pas dans l’espace. Donner sans se vider n’est pas un mécanisme compréhensible au niveau d’une forme occupant une singularité spatiale ou un intervalle de temps.
Sur le plan physique, tout « chose » n’existe non pas parce qu’elle se nourrit d’une « énergie » qui vient du plan subatomique. C’est une partie de cette « énergie » que les éléments formels du plan physique s’échangent entre eux pour s’organiser et s’associer afin de fabriquer de nouvelles formes. Comment et pourquoi les choses s’organisent-elles ainsi est une vaste question qui doit trouver sa réponse à sa source. A moins de percevoir les fluctuations primordiales du plan subatomique, il est impossible de comprendre pourquoi et comment les formes se manifestent, s’associent un moment puis disparaissent avant de ressurgir à nouveau l’instant d’après.
Or rien de formel ne peut pénétrer ce plan puisqu’il est absolument informe. La forme ne peut pas se comprendre elle-même parce qu’elle est régit par un principe d’exclusion.
L’étude de la forme en tant que causalité d’elle-même n’aboutira jamais. Etudier les formes et leurs associations dans le but de les comprendre est une peine perdue parce que la forme change selon des lois intrinsèques qui ne sont pas formelles et ne peuvent pas être formalisées. Il est impossible de maintenir la forme suffisamment longtemps pour pouvoir acquérir une signification stable et durable. La compréhension donnée par une certaine forme ne dure que pendant que la forme est manifeste. Dès que la forme change, sa signification change et la compréhension précédente devient obsolète et inutile. A chaque nouvelle forme est associée une nouvelle signification. La découverte de la signification de chaque nouvelle forme demande un long et fastidieux travail de compréhension qui s’avère finalement inutile et donc déprimant.
La signification d’une chose, formelle ou non, est donnée par sa source et par son but. C’est le lien qui unifie le début et la fin qui permet de connaître le tout. C’est la connaissance de cette relation indéfectible de causalité qui permet de reconnaître la fonction et l’identité de toute choses. La fonction et l’identité ne font qu’un en vérité.
Dans un monde formel aucune signification n’est stable parce qu’aucune forme n’est stable. La forme n’a ni début, ni fin. La forme est un concept qui clignote virtuellement sans jamais se réaliser.
Le plan psychique se comporte exactement comme le plan physique. Chaque idée, concept ou perception consciente n’est pas source d’elle-même mais prend sa source dans un plan subconscient. Un concept formel ou singulier est simplement une idée qui tente de se définir comme étant sa propre source et donc de nier l’existence du plan nourricier et fondateur qui est commun à tous les concepts manifestés dans la conscience. Les concepts singuliers sont comme des formes physiques qui occupent un espace temps. Ils ne font que clignoter dans la conscience. Ce ne sont pas des pensées entièrement conscientes dont la cause et le but sont reconnus de manière certaine. Ce sont des formes pensées qui apparaissent et disparaissent de manière aléatoire et chaotique sans nourrir véritablement la conscience qui les accueille et sans que celle-ci ne les comprenne entièrement.
C’est cette incompréhension chronique qui rend la cohabitation entre tous ces concepts difficiles au sein d’une même conscience. Leur dissemblance apparente rend toute forme de cohérence globale impossible et doit forcer la psyché qui les manipule à les catégoriser et les subdiviser dans des compartiments spécifiques qui sont symbolisés par des noms ou des symboles. Les symboles ne sont jamais le reflet du contenu mais la tentative pour le nier. Les concepts qui s’auto déterminent eux-mêmes n’ont aucun lien cohérent entre eux. Leur association est arbitraire et forcée. Ils ne peuvent cohabiter ensemble et se comprendre sans entrer en conflit. Leur confrontation conduit toujours à l’absence de signification parce qu’ils n’ont pas la même échelle de mesure. Ils n’ont pas la même échelle de mesure parce qu’ils ne sont pas issus d’une même source mais témoigne d’une volonté de séparation. La comparaison de deux concepts dans une même psyché conduit à choisir arbitrairement entre deux pour maintenir la cohérence et l’unité arbitraire de la psyché. Ce genre de partage ou de communication s’apparente à un sacrifice puisqu’un des deux doit disparaître pour permettre à l’autre idée d’exister de manière intègre. La seule solution pour éviter le sacrifice et la perte d’une idée est fragmenter la conscience et séparer les concepts entre eux. Le résultat final est que la séparation et le classement symbolique derrière des étiquettes devient la seule alternative pour avoir la paix et le calme dans la conscience. Pour éviter les conflits et les choix sacrificiels la psyché doit fragmenter sa conscience en compartiments isolés afin d’y classer toutes ses idées singulières qui tentent de se définir elles mêmes.
You see to me it's just a minor thing Pour moi, tu vois, c'est juste une chose sans importance
He knows everything Il sait tout
To readjust you've got to trust Tu dois croire à la réadaptation
That all the fuss is just a minor thing Tout cette histoire n'est qu'une chose sans importance
He knows everything Il sait tout
It's just a minor thing C'est une chose sans importance
And I'm a minor king Et je suis le roi mineur
He knows everything Il sait tout
You've got your bit part, Mozart Tu as ton petit rôle, Mozart
Hot dart acceleration L'accélération d'une chaude flèche
Pop art, pistol chasin' Pop art, chasse au pistolet
Cat fight intimidation L'intimidation, crêpage de chignon
To read a mind you've got to Pour lire dans un esprit tu dois
Redefine the line to make your circle sing Redéfinir la ligne pour faire chanter ton cercle
He knows everything Il sait tout
You make a sound Tu fais un son
The spell is bound to come around Le sortilege est sûr d'arriver
It's just a minor thing C'est juste une chose sans importance
He knows everything Il sait tout
It's just a minor thing C'est juste une chose sans importance
And I'm a minor king Et je suis le roi mineur
He knows everything Il sait tout
You've got your bit part, Mozart Tu as un petit rôle, Mozart
Hot dart acceleration L'accélération d'une chaude fleche
Pop art, pistol chasin' Pop art, chasse au pistlet
Cat fight intimidation L'intimidation, crêpage de chignon
All out interfacing Tout cela connecté
Black star motivation La motivation d'une étoile noire
Vampire sugar junkie Vampire drogué au sucre
Data basin' infiltration Infiltration dans une base de données »
Minor Thing – Red Hot Chili Peppers
Gérer un tel système est un énorme travail de mémoire qui nécessite l’invention de classes et de sous-classes pour simplifier les rangements et accélérer les recherches conceptuelles.
La fragmentation de la conscience comme alternative au conflit est une aberration en soi puisqu’elle est la source même du conflit. Plus la conscience est fragmentée moins elle est capable de reconnaître l’unité de sa source subconsciente et plus elle s’épuise elle-même par le simple fait de fonctionner. La réflexion d’une psyché fragmentée est dissolue et n’a pas de signification. Ce qu’elle conçoit est très souvent incohérent et insignifiant, allant même contre elle-même. Il faut beaucoup de mauvaise foi pour comprendre et apprécier les concepts singuliers d’une psyché fragmentée et divisée.
Et puis qui me tournent en bourrique
Y'en a qui jactent philosophique
Alors que c'est chez eux, qu'y a un hic.
C'est facile de faire de grands débats
C'est facile en restant assis là
C'est facile de regarder tout ça
En se disant ma foi,
Mais qu'est ce que j'fous là ?
Y'en a qui comptent en statistiques,
Pour qui je ne suis qu'un moustique.
Y'en a qui calculent génétique,
Qui n'savent même pas comment on nique.
C'est facile de tous nous mettre en tas,
C'est facile de tous marcher au pas.
C'est facile, mais moi je ne veux pas,
Et je me dis ma foi,
Mais qu'est ce que je fous là ?
Et puis, y'a ceux qui ne causent pas,
Qui voudraient bien, qui ne peuvent pas,
Qui n'osent pas, qui ne font pas,
Qui n'en pensent pas moins et qui sont là,
Qui sont là, coincés entre deux flics,
Engrenagés dans cette mécanique,
Mathématique, physique, chimique,
Trafic, fric, et toute la clique,
C'est facile, de voir la vie comme ça,
C'est facile, en marchant tous au pas,
C'est facile, mais toi tu n'avances pas,
Et tu te dis ma foi,
Mais qu'est ce que j'fous là ?
C'est facile, de rester assis là,
C'est facile de voir tout par en bas,
C'est facile, de rêver qu'on est roi,
Et de se réveiller :
Mais qu'est ce que j'fous là ?
C'est facile, mais moi, marcher au pas,
Non, non, je ne veux pas,
Mais qu'est ce que j’fous là
Dis le moi !!! »
Facile - Téléphone
Le remède qui consisterait à cesser de penser ou de conceptualiser pour limiter les crises et les conflits psychiques et mentaux est pire que le mal. L’esprit et la conscience sont entièrement constitués de pensées qui peuvent soient se manifester sous forme de concepts soit sous forme de perceptions. L’esprit qui ne conçoit pas n’existe pas à moins de penser, et la conscience qui ne perçoit pas est inconsciente à moins de connaître. La seule alternative sensée à l’auto mutilation de la pensée qui prend une forme conceptuelle ou perceptive n’est pas de la décapiter comme une mauvaise herbe mais de lui permettre de se réconcilier avec sa source. C’est parce qu’elle se conçoit comme coupée d’une cause commune que la pensée se singularise et s’isole dans la forme. C’est en l’aidant à reconnaître sa source qu’elle corrige son erreur et retrouve un sens et une compréhension naturelle d’elle-même. Une pensée qui a une cause et un but partagés par son esprit et sa conscience se sent et se sait utile. Elle n’a pas besoin de se donner elle-même une signification afin de se construire une identité et une fonction adéquate. Parce qu’elle connaît sa source elle se connaît elle-même et donc elle est stable. Et sa stabilité vient nourrir la stabilité naturelle de la conscience et l’esprit peut penser de manière unifiée et non singulière.
Comme dans le plan physique ou chaque forme est rattachée à une fluctuation du plan subatomique, chaque forme perçue sur le plan psychique est toujours rattachée à un concept qui s’agite dans le plan subconscient. C’est ici que commence la perception et c’est ici que sa signification est donnée et que la perception est comprise ou non. Le plan subconscient comme le plan subatomique sont les deux plans causals de leur réalité. Si la signification qui est donnée au plan causal n’est pas reçue ou acceptée, la perception formelle conséquente apparaîtra sans cause et sans signification et donc semblera être sa propre source. Aucune forme physique ou psychique ne peut quitter véritablement le plan causal de leur réalité respective. Même si tous les fermions de l’univers voyagent formellement dans les champs de force de l’espace temps, ils restent reliés au plan subatomique qui est intemporel et informel. Il doit en être de même pour toutes les pensées et les idées qui traversent l’esprit et voyagent dans la conscience qui perçoit le temps et l’espace. Toutes les idées restent forcément reliées à leur source bien qu’elles puissent momentanément la perdre de vue et donc oublier leur signification véritable.
Comprendre la cohérence de l’univers physique sans comprendre comment les particules et les vecteurs de forces qui voyagent en dehors du plan subatomique est impossible. Sans cause, tout n’est que supputation futile et inutile. Il n’est pas nécessaire d’aller aux confins de l’univers pour le comprendre, il suffirait de comprendre comment une particule se manifeste maintenant pour saisir le sens de sa réalité.
Sans la reconnaissance de la signification donnée par le plan causal et informe de la pensée, toute perception formelle est insignifiante. Tenter de comprendre à quoi sert une perception formelle sans l’information subconsciente qui l’a causée n’a aucune chance d’aboutir. Quelque soit la capacité de compréhension de l’observateur formel, la signification qu’il donnera à la perception sera toujours incomplète. Il lui est impossible de percevoir toutes les fonctions et les utilités de la forme qu’il perçoit parce qu’il n’en reconnaîtra jamais la cause. Et même s’il arrivait à fixer un concept sur sa perception, sa victoire serait de bien courte durée. Sa certitude ne serait que temporaire puisqu’elle serait changée par le simple fait de lui avoir donner une certitude conceptuelle. Donner une signification formelle à une perception modifie le point de vue de l’observateur et donc l’oblige à se redéfinir lui-même et donc à redéfinir ce qu’il perçoit à nouveau.
Ceci signifie que percevoir la vérité dans la forme et par la forme est impossible. La perception formelle oblige la conscience à ne pas chercher le réel mais à enregistrer les images qu’elle lui substitue. L’observateur formel ne voit jamais la réalité mais une image qu’il s’est faite du réel. Ainsi il peut connaître la signification effective de l’image puisque c’est lui qui l’a faite et ce qu’il voit lui parait stable pour lui seul. Mais ce qu’il voit n’est pas la réalité mais une forme conceptuelle de sa « réalité » imaginative. Ce qu’il voit n’existe pas parce que ce qu’il voit est sans cause.
Tout jugement lié au formel est donc définitivement inutile et obsolète puisqu’il porte sur des images que la psyché fabrique elle-même parce qu’elle ne connaît pas la cause informelle du réel. Un jugement signifiant doit porter sur l’informe. A moins de « percevoir » l’informe qui est la source de la forme, il est impossible de comprendre la signification de quoi que ce soit. Juger la forme sans comprendre l’informe qui est sa source est une tromperie de soi. Il est inepte de juger des images que l’on a faites soi-même.
Or il est évident que la forme ne peut comprendre l’informe et que l’informe ne peut comprendre la forme. C’est une question de logique d’ensemble. L’informe est informel et ne peut contenir ou saisir une forme car sinon il ne serait plus informe. De l’autre coté, la forme étant une expression imagée et limitée de l’informe, ne peut pas contenir ce qui incontournable et indescriptible. Rien de formel ne peut donc comprendre et donner une signification digne de ce nom à ce qu’il perçoit.
Le formel ne peut pas se comprendre ni par lui-même, ni par l’informel. Le formel n’est qu’une apparence changeante qui danse autour d’un contenu purement informel. Au mieux il peut refléter la signification de sa source informelle au pire il ne montre que des imageries sans queue ni tête. La perception du formel n’a donc aucune utilité à moins que la signification donnée à la forme soit neutre et donc purement transparente et limpide. Le formel est utile dès qu’il commence à être invisible. Quand le formel devient imperceptible, il peut servir de miroir pour refléter la signification contenue dans l’informel.
Chercher une signification dans le contour des formes et des apparences les rendent opaque à leur contenu. Comprendre une signification dans l’insignifiant et le changeant coupe la communication avec le contenu véritable de ce qui est perçu. L’opacité de l’apparence est une tentative pour privatiser et s’approprier un fragment de l’information réelle qu’elle tente de contenir et de cacher.
Il est facile de reconnaître un jugement porté sur la forme d’un jugement porté sur le contenu. Le premier induit une différence de niveau de signification entre l’observateur et l’observé, le deuxième montre l’égalité de sens entre les deux. Un jugement sur la forme parle de compréhension différée dans le temps ou l’espace. Il parle de chemin évolutionnaire et du besoin de voyager dans le futur ou le passé pour arriver quelque part. Il parle de changement nécessaire, de bien et de mal, d’attirance et de répulsion, de doutes et d’ombres portées. Il parle de tout ce qui obscurcit la signification qui est derrière la forme. Le jugement de la forme n’est que la mesure de l’opacité de la conscience qui juge la chose. Et plus la chose est jugée plus son ombre portée semble signifiante et plus le contenu est oublié. En jugeant de la signification de l’ombre, la forme qui projette l’ombre semble cause d’effet et donc source de réalité. Quand la forme devient cause, l’informe est perdu de vue et le monde se remplit de formes de vie et de formes de réalité sans contenu. Alors, les concepts matériels et corporels semblent source de vérité et demandent une analyse approfondie pour être compris et donner en retour une signification. Sauf que l’informe ne peut comprendre le formel et donc toute forme d’analyse est vouée à l’échec.
Un jugement sur l’informe ne parle jamais de différences mais uniquement de similitudes. L’informe ne comprend pas les discontinuités. Celui qui juge ou mesure le contenu se juge et se mesure lui-même. Il doit être le même que celui qui est jugé parce que le contenu de la réalité est unifié. Celui qui perçoit une différence et croit qu’elle est réelle est aussi illusoire que sa perception. Il doit devenir formel lui-même pour juger de la forme. La forme est peuplée de discontinuité, d’échelles de niveaux et de vides parce que son rôle est de cacher la continuité, l’égalité et le plein.
La forme qui tente de se couper de l’informe est un mécanisme qui se retourne contre sa propre source. Un peu comme si elle essayait de prendre la signification de sa substance pour la séparer d’elle-même et imposer la sienne.
C’est pourquoi, la forme doit subvenir à ses propres besoins pour exister parce que sa source ne peut se laisser épuiser même en partie. La forme ne se nourrit pas naturellement d’elle-même. Elle a besoin de sucer ou d’extraire de « l’énergie » pour se nourrir et perdurer. Elle doit se motiver elle-même en permanence pour aller chercher sa pitance.
C’est pourquoi elle a besoin d’un système de récompense ou de punition. Ce qui est bon pour la forme est ce qui la maintient en forme et ce qui est mauvais est ce qui la rend transparente et révèle l’informe. Ce qui contente ou remplit la forme est récompensé par une sensation de plénitude et ce qui semble la vider est puni par une sensation de manque. Bien que totalement illusoire, la signification d’une forme pleine semble plus stable que celle d’une forme vide. C’est la peur de l’instabilité donnée par une forme transparente qui pousse la forme à se densifier en durcissant son apparence. Plus son apparence et ses formes attireront le regard plus elle sera opaque et cachera son contenu, et donc se croira stable et protégée.
Plus la forme est utilisée pour cacher son contenu, plus elle se perçoit comme étant opaque et plus elle pense que son contenu est différent de ceux des autres formes. C’est ainsi qu’elle perd de vue la continuité de la réalité et donc de la sienne. La forme qui sert à cacher la substance limite elle-même sa perception du réel. Dans sa conception formelle d’elle-même, elle perd de vue l’égalité du contenu qui nourrit toute chose et donc elle pense que son univers est un phénomène discontinu dans lequel les échangent se font par bon au dessus du vide. Dans sa conception des choses, la vérité nourricière ne s’étend pas également partout mais se projette par saut pour se déplacer selon des échelles de valeurs discontinues et graduées.
La forme est libre quand elle cesse de vouloir cacher son contenu. Elle est libre quand elle devient transparente comme l’est une icône. La forme qui cache des mystères est une prison qui se tient elle-même en otage. Elle fabrique une ombre d’elle-même qui l’attaque en retour en prétendant à la légitime défense. Comprendre la signification d’une forme opaque est impossible parce qu’elle est en perpétuellement en évolution. Pour comprendre se qui bouge tout le temps, il faudrait le contrôler et le maintenir de force. Or cela détruirait la forme et la rendrait complètement insignifiante.
Le seul moyen pour comprendre la signification d’une forme est de percevoir ce qu’elle tentait de cacher inutilement. Pour cela il est nécessaire d’étendre sa vision au-delà du spectre de l’apparence donnée par la forme en cherchant l’égalité entre le sujet de la perception, l’observateur et l’outil qui sert à la perception. C’est l’unité et l’équilibre entre les trois composants de la perception qui l’étend et qui élargit la vision vers l’unité de l’informe en offrant une signification également stable à l’observé et à l’observateur.
La perception des apparences a toujours pour conséquence d’augmenter l’opacité de la forme et donc de dissocier l’observateur et l’observé. Quand l’un est perçu meilleur ou moins estimable que l’autre l’observation est fragmentée et obscurcie et donc la vérité est perdue de vue. Ce qui vient à la place est une vision personnelle et individuelle des choses qui doit être défendue contre le jugement et le point de vue des autres formes. Chercher à comprendre la signification du réel en percevant les différences de la forme est un non sens. Le seul but de la forme est de permettre de la transcender. C’est par le pardon des difformités apparentes que l’informe part à sa rencontre et se rejoint lui-même.
L’amour de la forme inspire le sentiment de possession et le besoin d’appartenance à quelqu’un ou quelqu’un chose. IL asservit le possesseur et le possédant en les privant tous deux de la signification de l’informe qui les unifie et les nourrit. L’attachement à la forme coupe littéralement la diffusion et l’extension de l’informe qu’elle tente de contenir et contre laquelle elle croit lutter. Le besoin de posséder une forme pour se contenter équivaut à circonscrire l’informe. Le résultat est un univers qui semble infini tout en étant manifestement limité. Lutter pour préserver la forme c’est lutter contre la vérité. C’est faire un barrage contre une source d’alimentation infinie.
Le système qui maintient la forme est un système basé sur la frustration et le manque. La forme aime tout ce qui la coupe de l’abondance de son contenu. Le système qui entretien la forme est l’idée que la souffrance et le manque sont nécessaires à l’extension de la réalité. La forme se récompense elle-même en produisant du vide en soi et autour de chaque chose. Ce vide se traduit par des différences extérieures, des préférences individuelles, des nuances de significations, des contrastes dans la perception et afin des manques internes indéfinissables. Ces manques sont indéfinissables pour une forme aveuglée par les apparences parce qu’ils évoquent un besoin d’informe qu’elle ne comprend pas.
La perception regarde et cherche la forme parce qu’elle a peur de regarder le contenu et de voir le vide à sa place. La perception s’arrête et s’accroche aux apparences pour éviter d’être confronter au vide que lui inspirent les formes. La perception qui voit les formes perçoit du vide à la place du contenu parce qu’elle ne perçoit pas d’égalité dans la forme. Le contenu du réel est continu. Et ce qui est continu est égal parce que sans séparations. De fait le contenu du percevant, du perçu et de la perception sont identiques. Or, la perception des formes est perception de différences entre percevant et perçu. De fait, le contenu devient imperceptible et donc l’intérieur de la forme semble vide et la forme semble jaillir du néant pour aller nulle part. Ce qui a pour effet de forcer la forme à cherche un sens à ce qu’elle perçoit. La forme cherche parce qu’elle refuse de voir l’égalité qui est donnée gracieusement.
C’est pourquoi toutes les formes semblent apparaître dans la perception sans que celle-ci en reconnaisse la cause et le sens. Et c’est pourquoi a perception croit que son devoir est de donner une cause et une signification à ce qu’elle voit.
La perception honnête qui veut véritablement comprendre le pourquoi et le comment de ce qu’elle perçoit connaît que le sens et la signification de toute chose sont donnés uniquement pas leur contenu. A moins de percevoir le contenu de la forme, la forme est insignifiante. Or pour percevoir le contenu d’une forme il est nécessaire que l’outil d’observation soit continu à ce contenu et au contenu de l’observateur. L’outil qui perçoit la forme ne peut comprendre l’informe.
C’est ici que se trouve l’obstacle à toute perception juste. Si le contenu est préjugé vide ou insignifiant, la perception du contenu est impossible car dangereuse pour l’observateur.
La perception du contenu se fait sans peur et sans préconception. La conscience doit être purement réceptive sans tenter de faire quoi que ce soit. Il est nécessaire que l’observateur prenne conscience de l’invariance de son propre contenu pour percevoir le contenu de toute forme sans peur. En percevant son invulnérabilité il l’étend à sa perception et sa perception peut s’identifier au contenu de la réalité. Seule une perception unifiée peut se fondre dans la connaissance de ce qui est unifié.
Pour présumer que le contenu d’une forme est différent du sien, il est débord nécessaire de méconnaître son propre contenu. Le jugement d’autrui est la conséquence de son propre jugement. Seul celui qui ne se connaît peut croire qu’un autre soit différent de lui pas son essence. Il faut se percevoir soi-même comme étant fragmenté pour croire que les autres sont réellement différents. Pour décider de ne pas reconnaître que la vérité est également présente partout, il faut d’abord nier la sienne. Et une fois que la vérité est niée en soi, il est impossible de la reconnaître ailleurs. Il n’est pas de plus grande source d’illusion ou de désillusion que de voir la vérité ou la perfection ailleurs sans la reconnaître aussi en soi. Se joindre à cette vérité présumée pour l’avoir à soi est une perte de temps.
Juger toute chose comme imparfaite est un mécanisme de défense pour permettre de se supporter soi-même comme étant imparfait. Juger et mesurer toute chose sur une échelle graduée qui se partage entre le néant et l’infini est une protection contre le manque que l’on pense fourbir en soi. En jugeant dans le presque parfait, la perception protège son hôte de la dépression mais le plonge dans le doute perpétuel. Voir la perfection dans des endroits localisés est encore pire puisqu’elle plonge celui qui croit la percevoir dans les affres de l’envie.
La perfection se reconnaît et s’atteint pareillement en autrui et en soi. C’est l’égalité ou l’unité de la perception qui est le reflet de la perfection et qui démontre la sécurité du réel. Il est nécessaire de croire à un manque en soi pour le voir partout. Et il est nécessaire de voir un manque partout pour nourrir la croyance dans le manque qui est cru en soi. Une fois cru comme une réalité, le manque se propage au travers de la perception et se dépose sur toute chose perçue. Et plus il y a de choses perçues plus l’unité de la perception est manquante et plus la réalité parait fragmentée et nuisible.
C’est ainsi que le manque qui est l’expression du néant se nourrit lui-même et enfle démesurément pour tenter de supplanter l’infini et imposer sa continuité disparate à la vérité.
Quiconque croit qu’il existe un manque en soi sera terrorisé par l’idée que la vérité puisse se trouver en tous et en toute chose. Il est nécessaire de croire qu’il y a un manque en soi pour avoir peur de voir la vérité et la fuir comme la peste. Or il suffit de percevoir la vérité en un seul pour s’apercevoir qu’elle est présente partout et donc qu’il n’y a aucun manque en soi.
La vérité est trouvée quand elle est cherchée là où elle est. Celui qui en a peur la cherchera là où il sait qu’il ne la trouvera pas. Il concentrera toute son attention et ses capacités d’apprentissage pour justifier la forme et les différences en feignant de croire que l’égalité est un mythe utopique. Il situera la perfection à plus tard parce qu’il est certain qu’ainsi il n’arrivera jamais à ses fins et se préservera de la peur de la vérité. La perfection n’est jamais de la forme mais de la reconnaissance de la continuité du contenu. Celui qui ne perçoit aucun manque en lui-même ne peut s’arrêter sur la forme. Il ne peut donc percevoir aucune imperfection en autrui. Parce qu’il n’a besoin de rien, il ne demande rien et donc n’induit pas la peur. Parce que l’autre ne se sent pas solliciter, il en déduit que la complétude est possible et donc peut de nouveau croire en la sienne. La perception est toujours cohérente avec son point de mire. Ce qui est cherché est toujours trouvé. L’outil qui sert à percevoir ne perçoit que ce pourquoi il est mandaté. Prendre les différences qu’il rapporte pour la réalité est une manière de tromper la vérité.
Il est nécessaire de se juger insuffisant soi-même pour pouvoir juger de l’insuffisance d’autrui. Il est nécessaire de s’identifier à une forme pour voir la forme en lieu et place du réel. C’est ainsi que l’insuffisance se propage par projection et que la réalité semble jaillir du vide. Et c’est ainsi que la source du réel est assimilée au néant et donc devient effrayante. Ce cercle vicieux est le ferment du chaos puisqu’il semble vider toute chose de sa substance et donc la rend insignifiante. Où que se tourne la perception elle montre une réalité qui tend naturellement vers plus de séparation, plus de complexité et plus de fragmentation. La mécanique de l’insuffisance projette un univers qui vient de nulle part pour fuir dans le néant. Dans cet enchaînement perpétuel la peur s’engendre elle-même et se propage dans le temps. Le seul moyen d’en sortir est de ne pas y entrer en fermant la porte à la méfiance qui vient du temps qui passe pour désunir le temps qui fuit.
Le contenu de toute chose n’est pas vide mais plein de sens et sa signification est la même partout. C’est cette égalité qui assure la continuité de la signification du contenu et donc sa vérité et son authenticité. Ce qui ne peut pas être séparé doit être infini et ce qui est infini doit être fiable et stable. La perception ne fait pas le monde formel mais elle donne à croire qu’il est réel parce que celui qui le regarde se juge lui-même formellement insignifiant. Toute perception qui ne parle pas d’égalité doit être considérée comme suspecte. Une différence perçue entre deux choses qui font partie d’une même réalité est une erreur de perception conséquente d’une mauvaise conception de soi-même.
Seul celui qui s’est enfermé lui-même dans une perception limitée peut croire qu’il est bon de priver les autres de leur liberté parce qu’en les limitant il garde l’espoir d’éviter sa vérité. C’est la peur d’avoir gâcher sa vie qui force à gâcher celle des autres.
C’est une erreur que de tenter de faire l’égalité dans la forme. L’égalité vient d’elle-même ou ne pas du tout. L’espoir qui consiste à égaliser les formes et les cellules de chacun pour reformer un semblant d’égalité et ainsi restaurer une vérité fictive est un faux espoir. C’est une tentative pour garder le vrai et le faux au même niveau. L’uniforme n’est pas l’informe. C’est juste une tentative pour stabiliser la forme tout en continuant de nier l’égalité du contenu. L’uniforme ne libère pas et ne protège pas parce que l’égalité de forme est une utopie inepte et pire que la diversité des formes. Un monde ou toute forme de vie serait égale n’est pas un paradis égalitaire mais un enfer totalitaire. L’égalité ne vient que de l’informe et l’informe ne se mesure pas.
I pick up my money and head back into town J'ai ramassé mon argent et je suis retourné en ville
Driving cross the Waynesboro county line J'ai traversé la frontière du comté de Waynesboro
I got the radio on and I'm just killing time J'ai allumé la radio et je tuais juste le temps
Working all day in my daddy's garage Travaillant toute la journée dans le garage de mon père
Driving all night chasing some mirage Conduisant toute la nuit, poursuivant un mirage
Pretty soon little girl I'm gonna take charge Très bientôt, petite fille, je vais me prendre en charge
[Chorus] [Refrain]
The dogs on Main Street howl Les chiens dans la grande rue hurlent
'cause they understand Parce qu'ils comprennent
If I could take one moment into my hands Si je pouvais tenir un moment dans mes mains
Mister I ain't a boy, no I'm a man Monsieur, je ne suis pas un garçon, non je suis un homme
And I believe in a promised land Et je crois en une terre promise
I've done my best to live the right way J'ai fait de mon mieux pour vivre dans le droit chemin
I get up every morning and go to work each day Je me suis levé chaque matin et j'ai été au boulot chaque jour
But your eyes go blind and your blood runs cold Mais tes yeux s'aveuglent, et ton sang se refroidit
Sometimes I feel so weak I just want to explode Quelquefois, je me sens si faible que je voudrais juste exploser
Explode and tear this whole town apart Exploser et déchirer toute cette ville en deux
Take a knife and cut this pain from my heart Prendre un couteau et découper cette souffrance de mon coeur
Find somebody itching for something to start Trouver quelqu'un à qui ça démange de démarrer quelque chose
There's a dark cloud rising from the desert floor Il y a un nuage sombre qui s'élève du sol du désert
I packed my bags and I'm heading straight into the storm J'ai fait mes bagages et je me dirige directement dans l'orage
Gonna be a twister to blow everything down Ca va être une tornade qui renversera tout
That ain't got the faith to stand its ground Qui n'aura pas la foi de tenir bon
Blow away the dreams that tear you apart Renversera les rêves qui te déchirent
Blow away the dreams that break your heart Renversera les rêves qui brisent ton coeur
Blow away the lies that leave you nothing but lost and brokenhearted Renversera les mensonges qui te laissent seulement perdus et le coeur brisé »
The promised land – Bruce Springsteen.
Une forme sans contenu est insignifiante parce qu’une forme sans contenu n’existe pas. Croire qu’une forme vide est réelle est le fondement de la peur puisque cette idée insinue que le néant est source de pouvoir et donc que la réalité peut être vide de sens et de signification par endroit. Ce concept induit automatiquement la méfiance et le retrait. Le retrait induit le besoin de changer son point de mire afin de pouvoir percevoir à distance et donc de se fermer si ce qui est perçu semble nuisible. C’est ainsi que toute chose est perçue avec un temps de retard et que le percevant doit imaginer ce que cache ce retard. Le retrait fait la perception qui fait l’espace que le percevant doit maintenant combler avec des images pour donner une continuité à ce qu’il voit. Moins il y a de discontinuité ou de retard entre l’observateur et l’observé moins la perception est fragmentée et moins il est nécessaire de fabriquer des images pour combler les vides.
La perception juste s’effectue sans travail et ce qui est perçu n’est pas effrayant, ni épuisant. Mais plus la perception se formalise en imposant ses propres significations au réel, plus elle se fragmente et perd le fil de la vérité. Quand les images deviennent plus importantes que le contenu, la réalité devient une forme perceptive et le monde ne supporte plus que la signification donnée par celui qui le perçoit. C’est ainsi que le percevant se confond lui-même inconsciemment avec le créateur du réel et donc ne peut plus croire consciemment à l’existence d’une vérité immanente et créatrice. Sauf que sa réalité semble impermanente et le monde instable et changeant.
Celui qui s’est habitué à tirer sa source de signification de la forme doit apprendre à se ressourcer dans l’informe pour se libérer de la forme. Cet apprentissage n’est pas graduel mais il paraît graduel à cause du détachement de la forme qui doit se faire graduellement. Se couper de l’alimentation de la forme sans percevoir la lumière vivifiante de l’informe est un suicide. Personne ne peut rester sans une source de signification sans sombrer dans la démence. C’est à cela et à cela seul que sert le temps. Le temps n’est pas nécessaire pour reconnaître l’informe mais pour se détacher de la signification de la forme. La prise de conscience que la forme est illusoire se fait donc par saut ou par bond mais la reconnaissance de l’informe est immédiat.
Le manque prend forme quand l’idée que l’absence de la forme induira de la perte de sens. De fait la forme semble cause d’effets et donc sa signification devient réelle et se substitue à l’informe. Des formes sans signification sont sans existence. Le seul moyen d’échapper au vide est donc leur donner une signification pour soi. Or à quoi peut bien servir la forme sinon à se défaire de son propre manque ? C’est donc par relativité que la forme semble signifiante. C’est parce qu’une autre forme donne l’illusion de pouvoir acquérir un soi meilleur qu’elle devient signifiante. Si ce n’est pas le cas, elle peut permettre de percevoir un soi moins complet et donc de rehausser l’estime de son propre soi. Quand des formes se croisent leur premier réflexe est soit de chercher ce qu’elles peuvent prendre à l’autre pour nourrir leur soi, soit de percevoir ce qui manque à l’autre forme afin de rendre son soi plus signifiant. Celui qui perçoit un manque en autrui doit croire qu’il l’a en soi. C’est ainsi que la complétude des uns se nourrit à partir du vide des autres en vidant ce que les autres possèdent. Le plein ne peut se nourrir du vide et le manque ne peut être cause de satisfaction. Les formes sont des vases communiquant une illusion du bonheur contre une illusion de malheur. Chacun se nourrit de la relative force ou faiblesse de l’autre. Parce qu’elles négocient leurs illusions, elles pensent partager quelque chose et donc maintiennent la réalité de leur manque.
La forme qui perçoit un manque dans une autre forme et qui réagit à ce manque en éprouvant une émotion atteste que ce manque est réel dans les deux. Parce que le manque perçu devient cause d’effet en deux lieux différents, ce manque devient un vecteur de force et donc une expression de la réalité pour ceux et celles qui le perçoivent et en sont affectés. Même si la forme qui réagit au manque de l’autre forme nie la réalité de ce manque en elle-même, elle se trompe. Parce qu’elle a été affecté par ce qu’elle a vu à l’extérieur, elle l’a partagé et donc l’a réalisé en soi et en autrui. Le manque qui était virtuel est maintenant réel pour les deux parce qu’il est cause d’effet partagé. Qu’ils le veuillent ou non, les deux qui partagent le même effet se sont associés et ne font plus qu’un autour d’une même cause. Dans ce type de relation où le manque est une cause d’effet, la forme de réalité correspondante est fondée sur l’idée que la cause primordiale de toute chose est impénétrable et semble jaillir du néant.
Seul un monde encore plus insignifiant peut rassurer ceux qui se perçoivent eux-mêmes comme incomplets. Pour se protéger de la folie, la réalité doit rester vide de sens malgré les apparences et les formes de similitudes. Les formes se rassemblent parce qu’elles font commercent du manque. Leur manque de signification leur sert de base commune pour fonder leur communauté de forme. Leur communauté de forme leur sert ensuite pour se définir eux-mêmes et ainsi donner une signification aux formes qu’elles perçoivent. Ce sont ces concepts formels qu’elles défendent par dessus tout parce qu’ils leur garantissent une forme d’existence. La seule condition est demandée pour entrer dans le cercle d’une communauté est de nier qu’il y a un trou béant au centre de leur forme de vie.
« Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie
Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie
Shadow in my heart Une ombre dans mon coeur
Is tearing me apart Est en train de me déchirer en morceaux
Or maybe its just something in my stars Ou peut-être c'est juste quelque chose dans mes étoiles
Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie
Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie
Be a happy man Être un homme heureux
I try the best I can J'essaie du mieux que je peux
Or maybe Im just looking for too much Ou peut-être que j’en demande trop
Theres something missing from my life Il y a quelque chose qui me manque dans ma vie,
Cuts me open like a knife Qui m'étripe comme un couteau
It leaves me vulnerable Cela me laisse vulnérable
I have this disease J'ai cette maladie
I shake like an incurable Je tremble comme un condamné
God help me, please S'il te plait, dieu, aide moi
Oh, theres a hole in my life Oh, il y a un manque dans ma vie
Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie
Yeah Yeah Yeah
Theres something missing from my life Il y a quelque chose qui me manque dans ma vie,
Cuts me open like a knife Qui m'étripe comme un couteau
It leaves me vulnerable Cela me laisse vulnérable
I have this disease J'ai cette maladie
I shake like an incurable Je tremble comme un condamné
God help me, please S'il te plait, dieu, aide moi
Oh, theres a hole in my life Oh, il y a un manque dans ma vie
Theres a hole in my life Il y a un manque dans ma vie »
C’est le déni du contenu qui permet d’assurer une contenance en société. Le déni universel du manque est le voile jeté sur la vérité. Il est la trame sur laquelle les formes projettent l’image de leurs idoles, de leurs héros et de leurs dieux particuliers à la place de la vérité commune à toute chose.
Plus la forme est adorée, plus la signification des manques internes est refoulée et incompréhensible. Ainsi la forme est obligée de se contenter avec d’autres formes et donc de se récompenser en se donnant des formes de possessions. Une forme de vie se nourrit de formes mortes ou serviles mais jamais de la vie.
Les formes aiment à se réunir autour d’un besoin commun afin de se comparer entre elles et ainsi de juger quelle image est la plus signifiante pour cacher le vide et la plus apte à servir de modèle pour donner un sens à leur forme d’existence sans substance. L’image qui tient le premier rang devient le point de mire de la perception et le but à atteindre. Tout ce qui s’en approche est jugé bon et tout ce qui s’en écarte mauvais. Ce manège perdure tant que la ressemblance n’est jamais totale. L’univers des formes est peuplé de centres d’attractions qui permettent d’orienter l’espace et de donner un sens au temps qui passe.
Le seul moyen d’échapper à l’attraction des formes est de choisir un autre point de mire. Il est inutile de lutter ou d’accompagner le champ d’attraction des formes. La seule façon d’en échapper est de s’apercevoir qu’il n’affecte en rien le contenu réel de toute chose. Tous les champs d’attraction formels sont sans effet sur la vérité. Tenter de posséder une forme pour soi afin de s’approprier son pouvoir attractif est sans signification puisque son contenu véritable est déjà en soi. Ce que tente de cacher la forme n’est pas privé mais universellement reconnu de toute la réalité et donné également à tout. Toutes les formes ont le même contenu en vérité et en illusion. C’est quand ce contenu est présumé différent à cause du témoignage mensongé de la forme qu’il est perdu de vue et que la différence de forme devient signifiante et cause d’effet. La forme n’est une prison que pour celui qui la juge sans même voir son contenu.
With your wishful thinking En prenant tes désirs pour des réalités
Hopeful embraces Avec tes étreintes pleines d'espoir
Don't you understand ? Ne comprends-tu pas ?
I have to go through this Je dois traverser cela
I belong to here where J'appartiens à cet endroit où
No-one cares and no-one loves Personne n'aime
No light no air to live in Ni lumière ni air pour vivre
A place called hate Un endroit appelé haine
The city of fear La ville de la peur
I play dead Je joue à la morte
It stops the hurting Ca arrête la souffrance
I play dead Je joue à la morte
And the hurting stops Et la souffrance s'arrête
It's sometimes just like sleeping Parfois c'est comme le sommeil
Curling up inside my private tortures Je me pelotonne dans mes tortures intimes
I nestle into pain Je me blottis dans la douleur
Hug suffering J'étreins la souffrance
Caress every ache Caresse chaque mal
I play dead Je joue à la morte
It stops the hurting Ca arrête la souffrance
Les dieux, les idoles et les héros de la forme sont aussi creux que leurs adorateurs et fidèles. Les uns n’existent pas sans les autres. Pourtant il suffit d’un simple changement de point de mire pour que tous retrouvent leur liberté sans forme et voit leur véritable contenu. Il est tentant de sélectionner les formes afin de les rendre de plus en plus signifiante mais dans quel but ? Une forme n’atteindra jamais la signification de son contenu. Quand la signification d’une forme particulière est substituée au contenu la croyance devient vérité et la forme emprisonne la perception. La forme faite cause est alors prise pour centre d’intérêt et l’envie de changer sa propre forme pour posséder le même pouvoir ouvre la porte aux délires qui consistent à croire que la vérité peut varier. Tout ce qui est variable, qui peut se posséder, se mériter, se gagner ou même se voler est faux. La vérité n’est pas un pouvoir variable qui peut se fragmenter et se monnayer. C’est un pouvoir qui s’accepte tel qu’il est en étant donné.
Une forme est utile quand elle laisse transparaître la lumière contenue dans toutes les formes. Cette signification invariante est claire parce qu’elle est facilement compréhensible par tous. Ce qui est compris et simplement apprécié. Et ce qui est partagé partout n’a pas besoin d’être attaqué, défendu ou adoré.

automatique qui échappe à la volonté de son entendement conscient. Une
partie de l'esprit fonctionne de manière inconsciente et l'autre consciente. Laquelle des deux parties conditionne l'autre ? Ou plutôt laquelle des deux est antérieure à l'autre ?
Est-ce les volontés conscientes